(Léo)
Les sitcoms sont une espèce de fatalité atroce qui nous tombe sur le coin de la tronche sans crier gare.
Déjà à l'époque, et oui, maintenant on peut dire "à l'époque" en faisant reférence aux années 90, on se donnait un air précieux et hautain en disant "han je regarde pas ça c'est trop nuuuul".
Bien sûr, ce côté "J'ai 9 ans et un recul sur la vie de ouf gueudin" s'effondrait à l'heure du goûter, heure à laquelle chacun d'entre nous s'enfournait des tablettes milka et du saint morêt non allégé devant Helène et les garçons et autre Premiers Baisers.
Le plus dur était de ne pas en parler dans la cour de récré le lendemain. Malheureusement, il y'avait toujours quelqu'un d'assez mature pour assumer ses adictions télévisuelles et aborder le sujet. Et la était la faille, on finissait toujours par gaffer "mais nan c'est pas Hélène la meuf de José c'est Bénédicte!!". Grillé.
Le problème de ces sitcoms, c'est qu'ils sont nuls. Nuls nuls nuls et ca on peut le dire sans chercher à être la-personne-la-plus-blasée-du-monde. Voyons un peu les composantes d'une série:
- L'infidélité: tout le monde se trompe, se re trompe et se re re trompe. Même LE couple parfait de la série genre "Hélène et Nicolas", "Laure et Grégory" ou encore "Jérome et Justine" finissait, après des épisodes passés à faire la morale aux autres, par se tromper honteusement. Ne parlons pas des couples non parfaits pour lesquels c'était le sport national.
- La lâcheté: tout le monde se trompe, mais personne n'assume. Il y'a toujours une bonne raison comme "j'étais perdu", "je pensais à toi tout le temps, "C'était qu'une groupie" (odieux). Ou alors mieux, le trou de mémoire: Hugo a embrassé goulument Natasha la pute de la cafet' PUIS il s'est ravisé en disant "je peux pas faire ca j'aime Karine tu sais". Et après quand il en parle à Karine, il dit juste "j'ai failli mais finalement je lui ai dit que c'est toi que j'aimais". Karine est contente, mais Hugo a zappé de dire qu'avant cet acte de bravoure virile, il a échangé 5000 microbes et deux litres de bave avec Natasha.
- Les clichés: un beau gosse qui sort avec une soit-disant belle gosse qui est en fait une blonde fadasse, un mec petit qui compense en se la petant qui sort avec une bombe folle amoureuse de lui, un intello sans succès qui sort lors d'un moment de gloire avec une intello sans succès, une méchante qui vers la fin de la série révèle qu'elle est méchante par jalousie envers les héroïnes etc etc...
-Les salopes: On se demande comment dragon ball Z a pu être censuré tandis que dans ces séries qui étaient destinées à des mômes de 10 ans, on découvrait douze salopes au mêtre carré (des seconds rôles, toujours) qui faisaient des allusions HYPER salaces à toutes les fins de tirades. Ca on s'en rend compte quand on regarde les redif's quand on a 23ans.
- Les fausses couches: incontournables. Chaque héroïne fait au moins deux ou trois fausses couches, et celles qui n'en font pas découvrent leur stérilité au fil de la série.
- Les rires enregistrés: simplement imblairables, rien à rajouter.
- Le jingle musical qui entrecoupe chaque scène: en rivalité avec les rires sur le côté "truc inutile qui agace".
Je ne parlerai pas du jeu des - tousse tousse - acteurs, qui nous fait forcément lâcher cette phrase nulle: "han même moi jfais mieux".
Et le grave problème des sitcoms, c'est les redifs...
Malheur à moi, je me réveille très tôt en ce moment et j'allume la télé. Malheur à moi je zappe sur France 4 qui rediffuse "Le groupe". Vous savez, la série censée relancer l'âge d'or des sitcoms vers 1999, avec des acteurs mi humains mi huîtres faisant soit disant un groupe (jamais vu une seule répeeeet dans la série, mais bon).
Le premier épisode que j'ai vu m'a horrifiée. Je pensais "mais quelle bouse c'est pire que tout". Sauf que j'ai maté le deuxième, puis le troisième...
Aujourd'hui je me suis vue jouer ma vie sur le fait que Julien a trompé Sandra (miss Sandra Lou ex M6, et oui) avec son ex revenue du Canada et souhaiter de tout mon coeur que Sandra oublie ce peigne cul en sortant avec Sébastien le Québécois. Lui au moins il respecte les femmes, que diable!
Le problème des sitcoms, c'est que oui, ca pique les yeux, les oreilles et les nerfs (et la dignité), mais on ne peut pas s'empêcher de suivre. Si quelqu'un peut m'expliquer pourquoi, moi et mon ego lui serions vraiment reconnaissants.
Sur ce, je vous laisse, Géraldine est en train de tromper Fred.